Les impostures secrètes de Nicolas Sarkozy

12/10/2010 15:26 par dlr14ème_62

  • Les impostures secrètes de Nicolas Sarkozy

    Les impostures secrètes de Nicolas Sarkozy

    12/10/2010 15:26 par dlr14ème_62

PhotoKarima Les Français mesurent chaque jour la capacité singulière de Nicolas Sarkozy à s’adapter avec adresse aux nécessités de la vie politique. Bien souvent imprévisibles, mais toujours mûrement réfléchies, ses innombrables initiatives rythment inlassablement le calendrier politique français.
Comme chacun a pu l’observer, le Président de la République est incontestablement reparti en campagne électorale, depuis la mise sur orbite à Grenoble, le 30 juillet dernier, d’une politique sécuritaire largement motivée par la montée en puissance du Front National et par les fortes inquiétudes que suscite à l’Elysée la popularité grandissante de son probable futur chef de file, Marine Le Pen. Son agenda politique est assurément des plus habiles, par delà les contingences inhérentes à la conduite quotidienne des affaires publiques, dont celles liées à la réforme des retraites.
En ce mois de septembre 2010, le chef de l’Etat s’est attelé à reconquête du suffrage des électeurs catholiques, passablement désorientés par la polémique entourant l’affaire des Roms. Comme pour mieux préparer la visite qu’il rendra au pape Benoit XVI, le 8 octobre[1] prochain à Rome où, deux ans après son fameux discours du Latran, il assistera à une « prière pour la France » en la basilique Saint-Pierre, Nicolas Sarkozy s’est rendu à Vézelay, le 30 septembre dernier, pour y célébrer «l’héritage chrétien»  de la France en la basilique Sainte Marie-Madeleine, avant d’assister le lendemain à l’Elysée, à une projection privée du désormais célèbre film de Xavier Beauvois, Des hommes et des Dieux, qui retrace si admirablement le martyr des moines trappistes de Tibhérine. Avec cette offensive de charme menée en direction des catholiques, le chef de l’Etat s’efforce assurément de renouer les fils du dialogue, aujourd’hui en panne, auprès d’une frange de son électorat qu’il avait su pourtant si bien gagner à lui lors des présidentielles de 2007 : chacun se souvient de son escapade, éminemment symbolique, à l’abbaye du Mont-Saint-Michel d’où il avait choisi de lancer intelligemment sa campagne présidentielle, le 12 janvier 2007.
A deux ans du prochain scrutin présidentiel, Nicolas Sarkozy cherche à séduire pareillement son électorat conservateur en exploitant, avec la thématique culturelle, un marqueur idéologique d’une puissance symbolique comparable. Le Président n’a-t-il pas enfin rendu publique, le 12 septembre dernier, sa décision de localiser le futur musée de l’Histoire de France dans les bâtiments des Archives nationales situés dans le quartier du Marais, à Paris, à l’occasion, qui plus est, des célébrations à Lascaux du 70ème anniversaire de la découverte de la grotte préhistorique ? En bonne logique, le chef de l’Etat devrait, ces prochaines semaines, multiplier les signaux dans ce domaine.
Mais Nicolas Sarkozy n’est pas Bernard de Clairvaux. Alors que la France est menacée de toute part, il n’a su prêcher, lors de son étape de Vézelay pas plus qu’auparavant, aucune de ces croisades décisives qui auraient pu restaurer l’espoir dans le cœur des Français.
Car, à y regarder de plus près, l’activisme hors pair du Président de la République et la magie de son verbe ne font plus recette. Trois ans après avoir porté à la tête de l’Etat une personnalité politique qui avait exercé sans grand succès les plus importantes responsabilités gouvernementales, durant les deux mandats présidentiels de Jacques Chirac, nos compatriotes réalisent à présent que Nicolas Sarkozy s’applique à masquer, sans le moindre état d’âme, les échecs manifestes de sa gestion des affaires publiques, en pariant une fois de plus sur les effets escomptés d’une politique de communication entièrement mise au service de ses ambitions électorales.
En matière culturelle, la faillite est totale. En trois ans de présidence, le contempteur de la Princesse de Clèves a installé un climat malsain dans l’univers feutré de la culture, en y multipliant partout les dérives mercantiles. Le « business des biens culturels », si parfaitement dénoncé par Marc Fumaroli (Le Monde, 2 octobre 2010), est désormais pratiqué tout azimut, y compris dans la noble enceinte du château de Versailles avec les expositions sacrilèges de Jeff Koons ou de Murakami. Cette financiarisation des pratiques culturelles s’est accompagnée, ces dernières années, d’une volonté méthodique de rupture en matière de transmission des savoirs : éviction des épreuves de culture générale dans les concours administratifs, éradication du grec et du latin du CAPES de Lettres classiques, bannissement dans l’enseignement de l’histoire au collège des grandes figures de notre mémoire historique, de Louis XIV à Napoléon, au profit d’une « ouverture aux autres civilisations » venant d’Afrique et d’Asie ; effacement délibéré de l’usage de la langue française, au profit de l’anglais, dans l’enseignement scolaire comme au sein des institutions internationales…
Les conséquences tragiques de ces renoncements, qui portent tant atteinte à l’identité profonde de notre pays, ne sont pas sans rapport, en vérité, avec l’insécurité anxiogène et l’anarchie chronique qui, ces dernières années, se sont solidement installées en France et singulièrement au sein de nos banlieues, qui n’en finissent pas de succomber sous les coups d’une politique de peuplement aveugle. Alors que rien n’est fait pour relever notre pays de l’affaissement de sa culture chrétienne séculaire, le déracinement des consciences contribue ainsi, en France plus qu’ailleurs, à la déshumanisation d’une société qui se fragmente partout au profit de communautarismes triomphants qui ne lui sont en rien naturels.
Cette impuissance politique du chef de l’Etat à redresser la barre s’observe tout autant au prisme des résultats médiocres d’un système éducatif à bout de souffle, pourtant gros consommateur de crédits et d’effectifs : ainsi seuls trois établissements français figurent parmi les 100 premières universités mondiales, selon le classement de Shanghai 2010, tandis qu’ un élève sort chaque année des collèges de notre pays en ne sachant à peine lire et compter, selon le dernier rapport du Haut Conseil de l’Education. Ce décrochage scolaire de notre jeunesse va de pair avec un taux de chômage préoccupant : ces deux dernières années, le chômage de longue durée frappant les moins de 25 ans a augmenté de 72 % et un tiers des diplômés n’ont pas trouvé d’emploi sur le marché du travail.
Le volontarisme politique de Nicolas Sarkozy marque le pas également dans le domaine économique. Bâti sur une prévision de croissance de 2 %, le projet de loi de finances 2011 prévoit de ramener le déficit public à 6 % de PIB l’année prochaine ce qui, par contrecoup, provoquera inévitablement un gel sévère des dépenses publiques qui affectera d’abord les plus démunis de nos compatriotes. Autant dès lors se l’avouer : avec une reprise économique qui tarde à redémarrer, à la différence de nos voisins d’outre-Rhin et surtout des pays émergents, aux ambitions prédatrices, nos compatriotes ne pourront guère tabler l’année prochaine, sur le terrain de l’emploi, que sur une stabilisation laborieuse du chômage, sans pouvoir espérer dans le même temps de la puissance publique, la réalisation d’investissements massifs dans les secteurs économiques d’avenir.
Avec une économie en berne, la France devra donc se serrer partout la ceinture y compris en matière militaire même si, en apparence, la contribution du Ministère de la Défense Nationale à l’effort de réduction des déficits sera relativement limitée en 2011. En réalité, la réduction constante des crédits militaires alloués à nos armées s’intensifie d’année en année, au point d’hypothéquer durablement les capacités opérationnelles de la France sur les théâtres d’interventions extérieures et de nuire ainsi gravement à son rayonnement international, déjà fortement compromis, depuis trois ans, par l’alignement systématique de notre pays sur la politique extérieure des Etats-Unis et par son retour, en rien profitable pour ses intérêts, au sein du commandement militaire intégré de l’OTAN.
Avec l’impasse actuelle de la construction européenne, les Français entretiennent légitimement à l’égard du chef de l’Etat un motif de désillusion autrement plus tragique. Aux yeux des observateurs, Nicolas Sarkozy restera certainement celui qui, parmi les présidents de la Vème République, aura le plus activement dépouillé la France des attributs de sa souveraineté, en accélérant, durant son funeste quinquennat, l’assujettissement prévisible de notre pays à l’ensemble supranational européen.
Certes, le Président de la République sait, en fin tacticien, multiplier ad nauseam les écrans de fumée pour tenter de faire diversion. Notre orfèvre en dissimulation n’aura-t-il pas ainsi dernièrement monté en épingle l’affaire des Roms pour des motifs de politique intérieure, en employant abusivement à l’égard de cette population vulnérable le procédé si peu courageux du bouc émissaire, tout en se campant habilement, hors de nos frontières, sous les traits du meilleur avocat des intérêts d’une France outrageusement bafouée par la Commission de Bruxelles ?
Si le chef de l’Etat, véritable Fregoli de la politique européenne, tonne parfois contre les institutions européennes, ce n’est, en réalité, que pour mieux s’entendre secrètement avec la Commission sur le dos des Français qui auront tôt fait d’en prendre conscience, non sans s’inquiéter le moment venu des effets dévastateurs pour notre pays d’un Traité de Lisbonne ratifié au forceps par la voie parlementaire, au mépris de l’hostilité à ce texte massivement exprimée par nos compatriotes, lors du référendum de mai 2005.
Et, en la matière, les pièces à charge sont accablantes.
Après avoir fait sauter, en 2008, le verrou constitutionnel qui obligeait les pouvoirs publics à soumettre tout nouvel élargissement de l’Union européenne à l’approbation référendaire du peuple français, Nicolas Sarkozy persiste plus que jamais à entretenir le doute sur ses intentions réelles à l’égard de la Turquie qui, de son côté, poursuit discrètement les négociations en vue de sa prochaine adhésion, avec la complicité active de la Commission européenne, laquelle, de surcroît, ne décourage en rien la manifestation de nouvelles candidatures à un ensemble européen dont nul ne s’avise par ailleurs à définir les limites géographiques.
Le rouleau compresseur des souverainetés nationales agit désormais sans freins à Bruxelles. Dépouillés de leur souveraineté monétaire, depuis la création d’une zone euro placée sous le contrôle tatillon de la BCE, les Français assistent impuissants, depuis trois mois, à la fin programmée de rien moins que trois des attributions régaliennes majeures de l’Etat avec, à chaque fois, l’assentiment explicite de Nicolas Sarkozy.
D’abord, les atteintes à la souveraineté budgétaire de la France. Notre pays devra dorénavant soumettre son projet de budget, avant son examen parlementaire, au contrôle préalable des autorités européennes qui disposeront désormais d’un droit de regard sur son élaboration, lesquelles bénéficieront de la faculté prochaine de lui imposer, au surplus, une sanction financière égale à 0,2 % de son PIB, si la France devait ne pas se conformer pas aux critères du Pacte de stabilité (déficit budgétaire et dette inférieurs à 3% et 60 % du PIB).
Ensuite, les coups portés à sa souveraineté fiscale. Non seulement la France peut se voir sommer aujourd’hui d’abolir une taxe qu’elle aurait librement choisie, à l’exemple de sa récente taxe sur les télécoms condamnée ces derniers jours par la Commission pour des motifs critiquables tirés de la libéralisation de ce secteur d’activité, mais elle doit consentir dans le même temps à son assujettissement à une fiscalité que les autorités de Bruxelles s’autoriseront désormais à lever partout au sein de l’Union européenne, en profitant au passage de recettes qui seront appelées à alimenter directement les caisses européennes.
Enfin, les entorses à sa souveraineté diplomatique. L’Union européenne vient de se doter d’un corps diplomatique considérable (30 représentations à l’étranger pour un service qui emploiera à terme 6.000 à 7.000 personnes), pudiquement désigné sous l’appellation de Service européen pour l’action extérieure (SEAE), dont les ambitions ne peuvent pour l’heure que concurrencer un Quai d’Orsay à l’agonie qui, de réductions drastiques de crédits en fermetures massives de représentations diplomatiques, voit ses services inexorablement saignés à blanc.
Comment a-t-on pu arriver à pareille fuite en avant ?
Cédant sans doute au pessimisme autant qu’au conformisme ambiants, Nicolas Sarkozy a fait secrètement le choix, à la suite des oligarchies politico-médiatiques, de renoncer à la présence au monde de la France, à son rayonnement comme à son influence séculaires. Pour le président Sarkozy, la France est sortie définitivement de l’Histoire et rien ni personne ne sauraient faire obstacle à ce trait inéluctable de l’aventure humaine. La pensée du chef de l’Etat reste au fond terriblement dominée par les logiques sournoises d’une idéologie mondialiste qui voudrait ne voir, dans le phénomène de la globalisation des échanges économiques, des savoirs et de l’information, que l’expression d’un mouvement historique irréversible, dont la récente accélération donnerait aujourd’hui naissance, grâce à l’abolition définitive des frontières du passé, à un monde nouveau, forcément fascinant, celui en bref du dépassement heureux des nations. Dans cet ordre d’idées, la France ne se voit-elle pas offrir, avec le mythe prométhéen de la construction européenne, l’occasion historique de dépasser enfin ses frontières hexagonales étriquées et de s’en affranchir définitivement ?
Cette vision post-nationale des rapports internationaux, qui refuse d’admettre la force et le poids de l’histoire autant que la réalité prégnante des solidarités et des enracinements locaux, la plupart des personnalités politiques françaises du moment la partagent, y compris le très probable compétiteur du chef de l’Etat à la prochaine course présidentielle, Dominique Strauss-Khan.
Sans crainte du ridicule, l’actuel directeur du FMI avait porté un regard des plus instructifs, voici peu, au sujet de l’évolution de la construction européenne : « Ce dont je suis sûr, c’est que si l’Europe existe, elle ne sera pas enfermée entre deux frontières ridicules que seraient le détroit de Gibraltar et le Bosphore. J’imagine un enseignant de géographie dans cinquante ans, il dira à ses jeunes élèves : « Voyez, là il y a la Chine, là il y a l’Amérique, là il y a le Brésil », s’il leur dit « là il y a l’Europe », montrant ce bout de péninsule asiatique que l’on appelle l’Europe, il leur montrera un ensemble allant des glaces de l’Arctique au nord jusqu’aux sables du Sahara au Sud. Et cette Europe, si elle continue d’exister aura, je crois, reconstitué la Méditerranée comme mer intérieure, et aura reconstitué l’espace que les Romains, ou Napoléon plus récemment, ont tenté de constituer » (entretien accordé à la revue Le Meilleur des mondes, automne 2006).
A l’exemple sans doute de l’hôte actuel de l’Elysée, Dominique Strauss-Khan n’en finit pas de s’émerveiller à l’idée de l’avènement d’un Babel européen des temps nouveaux dont les généreuses et si peu hermétiques frontières parcouraient inconsidérément le monde, de Narvik au nord à Tombouctou au sud, de Reykjavik à l’Ouest à Bakou à l’Est !
Nicolas Sarkozy ne saurait plus longtemps dissimuler aux yeux des Français ses intentions inavouables, même si, à en croire le cardinal de Retz, on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens.
A défaut de pouvoir discerner les traits de ses ambitions occultes, nos compatriotes ont assurément le droit irrécusable de connaître du chef de l’Etat les échéances précises de son agenda secret, pour en discuter, en accepter ou en rejeter démocratiquement les termes. Cette exigence de vérité, Nicolas Sarkozy la doit aux Français, eux qui n’attendent rien d’autre du Président de la République, dans les temps semés d’embûches qui s’annoncent, que de connaître sincèrement le sort qui sera réservé à notre pays.
En dépit des complaisances, des lâchetés et des renoncements qui se multiplient partout, les Français demeurent confiants dans l’avenir de notre pays. En leurs fors intérieurs, nos compatriotes partagent une même et intime conviction, qui fait écho à la noble vertu théologale de l’espérance, si magnifiquement évoquée par Paul-Marie Coûteaux dans son dernier ouvrage (De Gaulle, Espérer contre tout – Editions Xénia) : admirée pour la force de son rayonnement, vénérée pour les ressources de son génie ou crainte pour les ressorts d’une puissance bienveillante qui demeurent malgré tout intacts, la France ne saurait ainsi succomber sous les coups de ceux qui voudraient, en vain, l’entraîner vers l’abîme. Ses ennemis ne savent-ils pas, en définitive, que la France existera toujours, pour elle-même d’abord, pour son peuple ensuite, comme pour tous ceux qui, enfin, hors de nos frontières, lui vouent éternellement un amour infini ?

Karim Ouchikh

 

[1] Texte rédigé le 5 octobre.

http://www.gaullisme.fr/?p=10007

NDA invité du club "Citoyens Engagés" le 22 octobre 2010

12/10/2010 15:19 par dlr14ème_62

  • NDA invité du club

    NDA invité du club "Citoyens Engagés" le 22 octobre 2010

    12/10/2010 15:19 par dlr14ème_62

Le Club "Citoyens Engagés" a l’honneur de recevoir Nicolas Dupont-Aignan, député-maire de Yerres et président de la formation gaulliste Debout la République, le 22 octobre à l’Assemblée Nationale. Nous aborderons ensemble le difficile sujet de l’avenir de l’Europe politique.
Étant donné le nombre limité de places disponibles, merci de confirmer au plus vite votre présence à l’adresse mail suivante : clubcitoyensengages@gmail.com
Vous devrez vous présenter à 18h30 au 128, rue de l’Université muni d’une pièce d’identité qui vous sera exigée à l’entrée du bâtiment. Les personnes qui n’auront pas confirmé préalablement leur présence par retour de mail ou/et qui ne seront pas en mesure de présenter une pièce d’identité en cours de validité se verront refuser l’entrée à la conférence.
En vous remerciant pour votre compréhension, nous vous prions de bien vouloir recevoir l’expression de nos sentiments les plus amicaux.
 
Benoit Breysse et Hadrien Ghomi Co-présidents du club de réflexion "Citoyens engagés"

Hommage à Maurice Allais

11/10/2010 23:33 par dlr14ème_62

  • Hommage à Maurice Allais

    Hommage à Maurice Allais

    11/10/2010 23:33 par dlr14ème_62

Disparition de Maurice Allais : l’hommage du vice à la vertu

Seul contre tous dans son rejet du libre échange intégral et déloyal, Maurice Allais n’était pas seulement un immense savant de l’économie, mais aussi et d’abord un esprit libre, un vrai humaniste et un citoyen engagé, refusant tout au long de sa vie l’injustice qui se pare trop souvent des fausses nécessités et des idées à la mode.
Debout la République, qui plaide depuis toujours pour une humanisation de la mondialisation sauvage, n’a pas attendu la disparition de Maurice Allais pour faire une large place à ses analyses et propositions : lors de sa convention nationale pour le retour du plein-emploi en avril dernier, notre mouvement gaulliste et républicain avait ainsi eu l’honneur de recevoir un message de sa part, dans lequel il réaffirmait son soutien à la mise sur pied d’un véritable protectionnisme européen contre le capitalisme prédateur des pays émergents.
Il n’en est que plus écœurant de voir tous ceux qui, par leurs actes, ont combattu pendant vingt ans les idées de l’unique prix Nobel français d’économie (et ne se privant pas au passage de le qualifier de « ringard » pour le disqualifier), se presser aujourd’hui pour lui rendre hommage et tenter de détourner sa pensée. L’éternel hommage du vice à la vertu !
Pour sa part, Debout la République ne renoncera pas à plaider l’Europe des nations et du juste échange qu’avait toujours appelé de ses vœux Maurice Allais, dont la modernité, comme tous les grands esprits de notre temps, survivra bien entendu à sa mort.
Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député de l’Essonne
Président du rassemblement gaulliste Debout la République
 

François Hollande se prive de chocolat pour devenir président…

11/10/2010 13:14 par dlr14ème_62

  • François Hollande se prive de chocolat pour devenir président…

    François Hollande se prive de chocolat pour devenir président…

    11/10/2010 13:14 par dlr14ème_62

C’est l’offensive de la rentrée. L’ancien premier secrétaire du Parti Socialiste, qui a compris que c’était sa dernière chance, tente le tout pour le tout pour devenir le candidat de son parti en 2012, avec le curieux soutien du Figaro. Mais la réussite n’est pas au rendez-vous…
Point de vue, image du monde

Le moins que l’on puisse dire est que ce magnifique article prend position. En effet, rien ne nous est épargné pour nous conter la gloire de ce présidentiable socialiste. Le plus incroyable est la déférence de journalistes qui soulignent de bons sondages alors que dans les baromètres de présidentiables, il reste loin, très loin de Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry ou même de Ségolène Royal. Sa « montée en popularité » récemment évoquée sur Canal Plus, est au mieux un frémissement.

En cela, la présentation du sondage TNS est totalement risible. Le fait qu’il soit à 50/50 contre Nicolas Sarkozy alors que le président du FMI est donné gagnant à 59/41 et la première secrétaire 53/47 est présenté comme une victoire. Comment ne pas y voir plutôt un gouffre, qui, de plus, ne va pas en se réduisant depuis un an ? Alors qu’il a été premier secrétaire pendant plus de dix ans, il est encore loin de la nomination et les choses ne semblent pas s’améliorer pour lui.
Le candidat du vide

Un des aspects amusants de l’article est d’insister tout du long sur le fait que François Hollande deviendrait une force de propositions. Il est tout d’abord piquant de présenter de la sorte un homme politique, ce qui revient à sous-entendre qu’il n’a guère brillé dans ce domaine auparavant. Ensuite, malgré la grande longueur de ce papier, faute est de constater que pas le début d’une idée n’y est évoqué. Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent avec la crise et la présidence actuelle.

Mais le point bas est atteint par Michel Sapin qui confie : « le fait d’avoir fait l’effort de maigrir, de se priver de chocolat, est un signe d’une volonté politique ». On se croirait devant le soutien d’une starlette de la télé réalité… En outre, comment ne pas y voir à nouveau le syndrome d’une classe politique tellement préoccupée par elle-même qu’elle ne se rend même pas compte du ridicule de telles confidences et qu’en parlant de son nombril, elle oublie la France et les Français ?
François Hollande est bien représentatif du PS, tout est dans le « story telling » de la marche personnelle vers le pouvoir. La complaisance du Figaro est assez stupéfiante alors que tant d’hommes politiques sont soit caricaturés à l’excès, soit tout simplement ignorés.
Laurent Pinsolle

Etre gaulliste, c’est aussi tenir compte des réalités.

11/10/2010 06:04 par dlr14ème_62

  • Etre gaulliste, c’est aussi tenir compte des réalités.

    Etre gaulliste, c’est aussi tenir compte des réalités.

    11/10/2010 06:04 par dlr14ème_62

Par Alain KERHERVE

L’héritage gaulliste appartient à ceux qui veulent unir

0cdg250 Dans une lettre ouverte à François Asselineau, Laurent Pinsolle s’exprime sur le climat délétère qui règne entre DLR et l’UPR.
Au moment ou la France gaulliste se réveille face à un pouvoir chancelant, alors que l’Union est de plus en plus nécessaire à construire une réelle alternative au pouvoir UMP et PS, c’est à dire au pouvoir exclusif des partis politiques comme au bon temps de la IVe république, cette mise au point est la bienvenue.
Il semble donc que cette posture politicienne de l’UPR veut rendre un service éminent à l’actuel locataire de l’Elysée qui se voit de plus en plus contesté par la frange la plus « Ve République » de la majorité présidentielle.
L’UPR, c’est aussi l’artillerie lourde contre Dominique de Villepin ; les mensonges sont innombrables. L’UPR écrit : « M. de Villepin reste tout aussi silencieux sur ce qu’il convient de faire concrètement quant à la réintégration de la France dans le commandement militaire de l’OTAN. » Et pourtant, Dominique de Villepin s’est opposé à la réintégration dans le commandement intégré. « Nous n’acceptons pas qu’on touche à l’indépendance de la France, en revenant dans le commandement intégré de l’OTAN ». déclare-t-il le 19 juin de cette année lors de la création de République Solidaire…
et, l’UPR poursuit : « quant à la présence de troupes françaises en Afghanistan, et sur les massacres hebdomadaires de civils que celle-ci occasionne ». « Peut-on admettre que la France laisse mourir ses soldats en Afghanistan dans une guerre dont elle n’a pas le courage de se retirer ? » précise pourtant à la même occasion le leader de République Solidaire.( Lire aussi sur Gaullisme.fr)
Mais plus qu’une mise au point, Laurent Pinsolle lance un appel à l’union des deux rives républicaines et sociales. Que tous ces hommes de bonne volonté, qui veulent une France maîtresse de son destin dans une Europe nouvelle à structure confédérale organisée autour de projets d’avenir, s’unissent loyalement.
Voilà ce qu’il faut retenir du texte de Laurent Pinsolle que Gaullisme.fr approuve sans aucune réserve.

Nicolas Dupont-Aignan face aux militants UMP avec « un vrai discours gaulliste »

11/10/2010 05:57 par dlr14ème_62

  • Nicolas Dupont-Aignan face aux militants UMP avec « un vrai discours gaulliste »

    Nicolas Dupont-Aignan face aux militants UMP avec « un vrai discours gaulliste »

    11/10/2010 05:57 par dlr14ème_62

  • dimanche 10.10.2010 – La Voix du Nord

Le président de Debout la République était vendredi soir 8 octobre à Hautmont pour débattre de ses idées avec les militants UMP.

 
clip_image001Vendredi, Nicolas Dupont-Aignan était invité à Hautmont. Il a évoqué les questions nationales et ses positions devant les militants UMP.
Certains ont eu des sourires crispés. Pour un adhérent du parti, s’entendre dire « que l’UMP ment aux Français », ce n’est pas facile à avaler. D’autres sont sortis de la réunion pleins d’énergie : « Entendre un vrai discours gaulliste, ça fait du bien ! »
Une chose est sûre Nicolas Dupont-Aignan a deux armes de son côté : son franc-parler et son humour. Vendredi, dans la salle trop petite du mess Cockerill, il était l’invité de Joël Wilmotte devant un parterre de membres et sympathisants de l’UMP. Le maire d’Hautmont s’y était engagé en juin : à intervalles réguliers, il reviendrait devant les militants pour échanger sur tous les sujets. « Mais c’est aussi l’occasion d’inviter une personnalité qui donne un éclairage », a-t-il rappelé vendredi soir parce que « les décisions, les orientations nationales ont aussi des conséquences locales ». Le président de Debout la République a donc été le premier. Logique quand « on se connaît depuis assez longtemps, on a des similitudes entre Yerres (dans l’Essonne) et Hautmont et des démarches avec des points communs », a commencé J. Wilmotte. Rejoint par N. Dupont-Aignan : tous deux ont été élus dans « une ville en faillite qu’il a fallu transformer ».
Les présentations faites, il était temps de parler… politique ! Et des choses qui fâchent. Pour N. Dupont-Aignan, « cela fait 30 ans qu’on élit des gens qui promettent des choses magnifiques et cela fait 30 ans qu’il ne se passe rien ». De l’échec de la gauche à l’absence de résultats de Chirac en passant par « l’énergie, la volonté et le courage » de Nicolas Sarkozy : « On a le sentiment que les discours sont pas mal mais que les actes ne suivent jamais ou un petit peu (…) C’est pas que les hommes ne sont pas bons, mais ces hommes politiques ont donné le pouvoir des Français à d’autres qui ne dirigent pas en fonction des intérêts des Français mais de leurs propres intérêts. » La cible : l’Europe. « Au nom de la belle idée européenne, on a transmis tous nos pouvoirs à des organismes non élus qui décident pour nous dans notre dos », loin de la construction européenne voulue par De Gaulle, « une coopération entre les pays qui travaillent ensemble mais où chacun reste maître chez lui ». Suppression de la monnaie unique, rétablissement des contrôles aux frontières… N. Dupont-Aignan a défendu ses idées. Comme sur la réforme des retraites : « Le gouvernement a raison de faire une réforme à 62 ans (…) Mais on peut faire toutes les réformes si les gens n’ont pas de boulot de 49 à 67 ans, la réforme ne marchera pas.
Donc la priorité est la création d’emplois et la compétitivité française. » Dans la salle forcément, on s’interroge aussi sur les relations de Nicolas Dupont-Aignan avec l’UMP : « J’estime que l’UMP ment aux Français c’est terrible ce que je dis mais je le pense. Je ne dis pas qu’ils ne sont pas sincères, mais les actes ne sont pas cohérents avec les discours. Je suis persuadé que les Français ne veulent pas le retour de la gauche au pouvoir mais pas non plus d’une législature comme celle-là. » La solution ? « Le plus beau programme politique du monde : l’intérêt supérieur de la nation et le bon sens » défendu par Nicolas Dupont-Aignan, reprenant les paroles de Charles De Gaulle.

La NED, vitrine légale de la CIA

10/10/2010 20:24 par dlr14ème_62

  • La NED, vitrine légale de la CIA

    La NED, vitrine légale de la CIA

    10/10/2010 20:24 par dlr14ème_62

  • par Thierry Meyssan*

Depuis 30 ans, la National Endowment for Democracy (NED) sous-traite la partie légale des opérations illégales de la CIA. Sans éveiller de soupçons, elle a mis en place le plus vaste réseau de corruption du monde, achetant syndicats ouvriers et patronaux, partis politiques de gauche et de droite, pour qu’ils défendent les intérêts des Etats-Unis au lieu de ceux de leurs membres. Thierry Meyssan décrit ici l’étendue de ce dispositif.

 

En 2006, le Kremlin dénonçait la prolifération d’associations étrangères en Russie, dont certaines auraient participé à un plan secret de déstabilisation du pays orchestré par la Fondation américaine pour la démocratie (National Endowment for Democracy – NED). Pour prévenir une « révolution colorée », Vladislav Surkov élaborait une stricte réglementation de ces « organisations non-gouvernementales (ONG) ». A l’Ouest, cet encadrement administratif était décrit comme une nouvelle attaque du « dictateur » Poutine et de son conseiller contre la liberté d’association.
Cette politique a été suivie par d’autres Etats qui, à leur tour, ont été présentés par la presse internationale comme des « dictatures ».
Le gouvernement des Etats-Unis assure qu’il s’emploie à « la promotion de la démocratie dans le monde ». Il revendique que le Congrès puisse subventionner la NED et que celle-ci puisse, à son tour et en toute indépendance, aider directement ou indirectement des associations, des partis politiques ou des syndicats, oeuvrant en ce sens n’importe où dans le monde. Les ONG étant, comme leur dénomination l’indique, « non-gouvernementales » peuvent prendre des initiatives politiques que les ambassades ne pourraient assumer sans violer la souveraineté des Etats qui les reçoivent. Toute la question réside donc là : la NED et le réseau d’ONG qu’elle finance sont-elles des initiatives de la société civile injustement réprimées par le Kremlin ou des paravents des services secrets US pris en flagrant délit d’ingérence ?
Pour répondre à cette question, nous allons revenir sur l’origine et le fonctionnement de la National Endowment for Democracy. Mais avant toute chose, nous devons analyser ce que signifie le projet officiel des Etats-Unis d’« exportation de la démocratie ».
puritans  
Les puritains qui fondèrent les Etats-Unis voulaient en faire une « cité radieuse » éclairant le monde. Ils se pensèrent comme les missionnaires d’un modèle politique.
 

 Quelle démocratie ?

Les Etats-uniens, en tant que peuple, adhèrent à l’idéologie de leurs pères fondateurs. Ils se pensent comme une colonie venue d’Europe pour fonder une cité obéissante à Dieu. Ils conçoivent leur pays comme « une lumière sur la montagne », selon l’expression de Saint Mathieu reprise durant deux siècles par la plupart de leurs présidents dans leurs discours politiques. Les Etats-Unis seraient une nation modèle, brillant en haut d’une colline, éclairant le monde. Et tous les autres peuples de la terre espéreraient copier ce modèle pour atteindre leur salut.
Pour les Etats-uniens, cette croyance naïve implique comme allant de soi que leur pays est une démocratie exemplaire et qu’ils ont un devoir messianique de l’étendre au reste du monde. Alors que Saint Mathieu envisageait la propagation de la foi par le seul exemple d’une vie juste, les pères fondateurs des Etats-Unis pensaient l’allumage de leur feu et sa propagation comme un changement de régime. Les puritains anglais décapitèrent Charles Ier avant de fuir vers les Pays-Bas et les Amériques, puis les patriotes du Nouveau monde rejetèrent l’autorité du roi George III d’Angleterre et proclamèrent l’indépendance des Etats-Unis.
Imprégnés de cette mythologie nationale, les Etats-Uniens ne perçoivent pas la politique extérieure de leur gouvernement comme un impérialisme. A leurs yeux, il est d’autant plus légitime de renverser un gouvernement que celui-ci ambitionne d’incarner un modèle différent du leur, donc maléfique. De même, sont-ils persuadés qu’investis de leur mission messianique, ils sont parvenus à imposer par la force la démocratie dans des pays qu’ils ont occupé. Ils apprennent par exemple dans leurs écoles que les GI’s ont apporté la démocratie en Allemagne. Ils ignorent que l’histoire est exactement inverse : leur gouvernement aida Hitler à renverser la République de Weimar et à instaurer un régime militaire pour combattre les Soviets.
Cette idéologie irrationnelle les empêche de s’interroger sur la nature de leurs institutions et sur l’absurdité du concept de « démocratie forcée ».
Or, selon la formule du président Abraham Lincoln, « la démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».
De ce point de vue, les Etats-Unis ne sont pas une démocratie, mais un système hybride, dans lequel le pouvoir exécutif revient à une oligarchie, tandis que le peuple en limite l’arbitraire grâce aux contre-pouvoirs législatif et judiciaire. En effet, si le peuple élit le Congrès et certains juges, ce sont les Etats fédérés qui élisent le pouvoir exécutif et ce dernier qui désigne les hauts magistrats. Bien que les citoyens soient appelés à se prononcer sur le choix de leur président, leur vote en la matière n’est que consultatif, comme l’a rappelé la Cour suprême en 2000 dans l’affaire Gore contre Bush. La Constitution des Etats-Unis ne reconnaît pas la souveraineté du peuple, car le pouvoir est partagé entre lui et les Etats fédérés, c’est-à-dire les notables locaux.
Au passage, on observera que la Constitution de la Fédération de Russie est au contraire démocratique — sur le papier tout au moins — en ce qu’elle affirme : « Le détenteur de la souveraineté et l’unique source du pouvoir dans la Fédération de Russie est son peuple multinational » (Titre I, Ch. 1, art.3).
Ce contexte intellectuel explique que les Etats-Uniens soutiennent leur gouvernement lorsqu’il annonce vouloir « exporter la démocratie », alors même que leur pays n’en est pas une constitutionnellement. Mais, on ne voit pas comment ils pourraient exporter ce qu’ils n’ont pas et ne veulent pas avoir chez eux.
Au cours des trente dernières années, cette contradiction a été portée par la NED et s’est concrétisée par la déstabilisation de nombreux Etats. Des milliers de militants et d’ONG crédules ont violé la souveraineté des peuples avec le sourire béat de la bonne conscience.

 

Une Fondation pluraliste et indépendante

Dans son célèbre discours du 8 juin 1982 devant le Parlement britannique, le président Reagan dénonça l’Union soviétique comme « l’Empire du Mal » et proposa de venir en aide aux dissidents là-bas et ailleurs. « Il s’agit de contribuer à créer l’infrastructure nécessaire à la démocratie : la liberté de la presse, des syndicats, des partis politiques, des universités : ainsi les peuples seront-ils libres de choisir telle voie qui leur conviendra pour développer leur culture et régler leurs différents par des moyens pacifiques », déclara t-il.
Sur cette base consensuelle de lutte contre la tyrannie, une commission de réflexion bipartisane préconisa à Washington la création de la Fondation nationale pour la démocratie (NED). Celle-ci fut instituée par le Congrès en novembre 1983 et immédiatement financée.
La Fondation subventionne quatre structures autonomes qui redistribuent à l’étranger l’argent disponible à des associations, des syndicats ouvriers et patronaux, et des partis de droite et de gauche. Il s’agit de :

- L’Institut des syndicats libres (Free Trade Union Institute – FTUI), aujourd’hui renommé Centre américain pour la solidarité des travailleurs (American Center for International Labor Solidarity – ACILS), géré par le syndicat ouvrier AFL-CIO ;

- Le Centre pour l’entreprise privée internationale (Center for International Private Entreprise – CIPE), géré par la Chambre de commerce des Etats-Unis ;

- L’Institut républicain international (International Republican Institute – IRI), géré par le Parti républicain ;

- Et l’Institut national démocratique pour les affaires internationales (National Democratic Institute for International Affairs – NDI), géré par le Parti démocrate.

Présenté de cette manière, la NED et ses quatre pseudopodes paraissent basés sur la société civile dont ils reflètent la diversité sociale et le pluralisme politique. Financés par le peuple états-unien, via le Congrès, ils œuvreraient à un idéal universel. Ils seraient complètement indépendants de l’administration présidentielle. Et leur action transparente ne pourrait pas masquer des opérations secrètes servant des intérêts nationaux inavoués.
La réalité est complètement différente.
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En 1982, Ronald Reagan a créé la NED en partenariat avec le Royaume-Uni et l’Australie, pour renverser « l’Empire du Mal ».

Une mise en scène de la CIA, du MI6 et de l’ASIS

Le discours de Ronald Reagan à Londres prend place après les scandales entourant la révélation par des commissions d’enquête parlementaires des coups tordus de la CIA. Le Congrès interdit à l’Agence d’organiser de nouveaux coups d’Etat pour conquérir des marchés. A la Maison-Blanche, le Conseil de sécurité nationale cherche donc à mettre en place d’autres outils pour contourner cet interdit.
La Commission de réflexion bipartisane a été constituée avant le discours de Ronald Reagan, même si elle n’a officiellement reçu de mandat de la Maison-Blanche qu’après. Elle ne répond donc pas à la grandiloquente ambition présidentielle, mais la précède. Par conséquent, le discours n’est que l’habillage rhétorique de décisions déjà arrêtées dans leurs grandes lignes et destinées à être mises en scène par la commission bipartisane.
Celle-ci était présidée par le représentant spécial des Etats-Unis pour le Commerce, ce qui indique qu’elle n’envisageait pas la promotion de la démocratie, mais, selon une terminologie consacrée, de la « démocratie de marché ». Ce concept étrange correspond au modèle états-unien : une oligarchie économique et financière impose ses choix politiques via les marchés et l’Etat fédéral, tandis que les parlementaires et juges élus par le peuple protègent les individus de l’arbitraire de l’administration.
Trois des quatre organismes périphériques de la NED ont été formés pour la circonstance. Cependant il n’a pas été nécessaire de créer le quatrième, l’organisme syndical (ACILS). Celui-ci existait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, bien qu’il ait changé de nom en 1978 lorsqu’on dévoila sa subordination à la CIA. D’où l’on peut déduire que le CIPE, l’IRI et le NDI ne sont pas nés par génération spontanée, mais également sous la houlette de la CIA.
De plus, bien que la NED soit une association de droit états-unien, elle n’est pas un outil de la seule CIA, mais un dispositif commun avec les services britannique (ce pourquoi elle est annoncée par Reagan à Londres) et australien. Ce point central est toujours passé sous silence. Il est pourtant confirmé par les messages de félicitation adressés par les Premiers ministres Tony Blair et John Howard lors du XXe anniversaire de la soi-disant « ONG ». La NED et ses pseudopodes sont des organes du pacte militaire anglo-saxon liant Londres, Washington et Canberra au même titre que le réseau d’interception électronique Echelon. Ce dispositif peut être requis non seulement par la CIA, mais aussi par le MI6 britannique et l’ASIS australien.
Pour dissimuler cette réalité, la NED a suscité chez des alliés la création d’organisations analogues qui travaillent avec elle. En 1988, le Canada s’est doté d’un centre Droits & Démocratie, qui s’est surtout focalisé sur Haïti, puis sur l’Afghanistan. En 1991, le Royaume-Uni a institué la Westminster Foundation for Democracy (WFD). Le fonctionnement de cet organisme public est calqué sur celui de la NED : son administration est confiée aux partis politiques (huit délégués : trois pour le Parti conservateur, trois pour le Parti travailliste, un pour le Parti libéral, et un dernier pour les autres partis représentés au Parlement). La WFD a beaucoup travaillé en Europe orientale. Enfin, en 2001, l’Union européenne s’est dotée du European Instrument for Democracy and Human Rights (EIDHR), qui suscite moins de soupçons que ses homologues. Ce bureau relève d’EuropAid, dirigé par un haut fonctionnaire aussi puissant qu’inconnu, le Néerlandais Jacobus Richelle.

La directive présidentielle 77

En votant la fondation de la NED, le 22 novembre 1983, les parlementaires US ignoraient qu’elle existait déjà en secret, en vertu d’une directive présidentielle datée du 14 janvier.
Ce document, qui n’a été déclassifié que deux décennies plus tard, organise la « diplomatie publique », expression politiquement correcte pour désigner la propagande. Il institue à la Maison-Blanche des groupes de travail au sein du Conseil de sécurité nationale, dont un chargé de piloter la NED.
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Henry Kissinger, administrateur de la NED. Un « représentant de la société civile » ?
Par conséquent, le conseil d’administration de la Fondation n’est qu’une courroie de transmission du Conseil de sécurité nationale. Pour maintenir les apparences, il a été convenu que, d’une manière générale, les agents et anciens agents de la CIA ne pourraient être nommés administrateurs.
Les choses sont néanmoins transparentes. La plupart des hauts fonctionnaires ayant joué un rôle central au Conseil de sécurité nationale ont été administrateurs de la NED. C’est par exemple le cas d’Henry Kissinger, Franck Carlucci, Zbigniew Brzezinski, ou encore Paul Wolfowitz ; des personnalités qui ne resteront pas dans l’Histoire comme des idéalistes de la démocratie, mais comme des stratèges cyniques de la violence.
Le budget de la Fondation ne peut être interprété isolément puisqu’elle reçoit ses instructions du Conseil de sécurité nationale pour mener des actions s’inscrivant dans de vastes opérations inter-agences. Des fonds, notamment lorsqu’ils proviennent de l’Agence d’aide internationale (USAID), transitent par la NED sans apparaître dans son budget, simplement pour les « non-gouvernementaliser ». En outre, la Fondation reçoit indirectement de l’argent de la CIA, après qu’il ait été blanchi par des intermédiaires privés comme la Smith Richardson Foundation, la John M. Olin Foundation ou encore la Lynde and Harry Bradley Foundation.
Pour évaluer l’ampleur de ce programme, il faudrait cumuler le budget de la NED avec les sous-budgets correspondants du département d’Etat, de l’USAID, de la CIA, et du département de la Défense. Une telle estimation est aujourd’hui impossible.
Certains éléments connus permettent néanmoins de disposer d’un ordre de grandeur. Les Etats-Unis ont dépensé au cours des cinq dernières années plus d’1 milliard de dollars pour des associations et partis au Liban, un petit Etat de 4 millions d’habitants. Globalement, la moitié de cette manne a été distribuée publiquement par le département d’Etat, l’USAID et la NED, l’autre moitié a été versée secrètement par la CIA et le département de la Défense. Cet exemple permet d’extrapoler que le budget général de corruption institutionnelle par les Etats-Unis se compte en dizaines de milliard de dollars annuels. Au demeurant, le programme équivalent de l’Union européenne, qui est entièrement public et fournit un appoint aux actions états-uniennes, est de 7 milliards d’euros annuels.
En définitive, la structure juridique de la NED et le volume de son budget officiel ne sont que des leurres. Par essence, elle n’est pas un organisme indépendant chargé d’actions légales autrefois dévolues à la CIA, mais elle est une vitrine que le Conseil de sécurité nationale charge de réaliser les éléments légaux d’opérations illégales.

La stratégie trotskiste

Au cours de sa phase de mise en place (1984), la NED a été présidée par Allen Weinstein, puis durant quatre ans par John Richardson (1984-88), enfin par Carl Gershman (depuis 1998).
Ces trois hommes ont trois points communs. Ils sont juifs, ont milité au sein du parti trotskiste Social Democrats USA, et ont travaillé à la Freedom House. Il y a une logique à cela : par haine du stalinisme, certains trotskistes ont rejoint la CIA pour lutter contre les Soviétiques. Ils ont apporté avec eux la théorie de la prise de pouvoir mondiale, en la transposant aux « révolutions colorées » et à la « démocratisation ». Ils ont simplement déplacé la vulgate trotskiste en l’appliquant au combat culturel analysé par Antonio Gramsci : le pouvoir s’exerce dans les esprits plus que par la force. Pour gouverner les masses, une élite doit d’abord leur inculquer une idéologie qui programme leur acceptation du pouvoir qui les domine.

Le Centre américain pour la solidarité des travailleurs (ACILS)

Connu sous le nom de Solidarity Center, l’ACILS, branche syndicale de la NED, est de très loin son principal canal. Il distribue plus de la moitié des dons de la Fondation. Il a pris la succession des organismes antérieurs qui ont servi tout au long de la Guerre froide à structurer les syndicats non-communistes dans le monde, du Vietnam à l’Angola, en passant par la France et le Chili.
Le fait de choisir des syndicalistes pour couvrir ce programme de la CIA est d’une rare perversité. Loin du slogan marxiste « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous », l’ACILS associe les syndicats ouvriers états-uniens à l’impérialisme qui écrase les travailleurs des autres pays.
Cette filière était dirigée par un personnage haut en couleurs, Irving Brown, de 1948 jusqu’à sa mort en 1989.

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En 1981, Irving Brown place Jean-Claude Mailly comme assistant du secrétaire général de Force Ouvrière, André Bergeron. Ce dernier reconnaîtra financer son activité grâce à la CIA. Mailly devient secrétaire général de FO, en 2004.
Certains auteurs assurent que Brown était le fils d’un Russe blanc, compagnon d’Alexandre Kerensky. Ce qui est certain, c’est qu’il fut agent de l’OSS, le service de renseignement US durant la Seconde Guerre mondiale et participa à la création de la CIA et du réseau Gladio de l’OTAN. Il refusa d’en prendre la direction, préférant se concentrer sur sa spécialité, les syndicats. Il fut basé à Rome, puis à Paris, et non pas à Washington, de sorte qu’il eut une influence particulière sur la vie publique italienne et française. A la fin de sa vie, il se vantait ainsi de n’avoir cessé de diriger en sous-main le syndicat français Force Ouvrière, d’avoir tiré les ficelles du syndicat étudiant UNI (où militèrent Nicolas Sarkozy et ses ministres François Fillon, Xavier Darcos, Hervé Morin et Michèle Alliot-Marie, ainsi que le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer et le président du groupe parlementaire majoritaire Jean-François Copé), et d’avoir personnellement formé à gauche des membres d’un groupuscule trotskiste dont Jean-Christophe Cambadelis et le futur Premier ministre Lionel Jospin.
A la fin des années 90, les adhérents de la confédération AFL-CIO ont exigé des comptes sur les activités réelles de l’ACILS, alors que leur caractère criminel dans de nombreux pays avait été abondamment documenté. On aurait pu croire que les choses auraient changé après ce grand déballage. Il n’en est rien. En 2002 et 2004, l’ACILS a participé activement au coup d’Etat manqué au Venezuela contre le président Hugo Chavez et à celui, réussi, en Haïti, renversant le président Jean-Bertrand Aristide. Aujourd’hui l’ACILS est dirigé par John Sweeney, ancien président de la confédération AFL-CIO, qui est lui aussi issu du parti trotskiste Social Democrats USA.

 Le Centre pour l’entreprise privée internationale (CIPE)

Le Centre pour l’entreprise privée internationale (CIPE) se focalise sur la diffusion de l’idéologie capitaliste libérale et la lutte contre la corruption.
La première réussite du CIPE, c’est la transformation, en 1987, du European Management Forum —un club de grands patrons européens— en World Economic Forum —le club de la classe dirigeante transnationale—. Le grand rendez-vous annuel du gotha économique et politique global dans la station de ski suisse de Davos a contribué à forger une appartenance de classe au-delà des identités nationales.
Le CIPE veille à n’avoir aucun lien structurel avec le Forum de Davos, et il n’est pas possible —pour le moment— de prouver que le World Economic Forum est instrumenté par la CIA. A contrario, les responsables de Davos seraient bien en peine d’expliquer pourquoi certains leaders politiques ont choisi leur Forum économique pour y jouer des événements de la plus haute importance s’il ne s’agissait d’opérations planifiées par le Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis. Par exemple, en 1988, c’est à Davos —et pas à l’ONU— que la Grèce et la Turquie font la paix. En 1989, c’est à Davos que les deux Corée d’une part et les deux Allemagne d’autre part, tiennent leur premier sommet à niveau ministériel pour les uns et leur premier sommet sur la réunification pour les autres. En 1992, c’est encore à Davos que Frederik de Klerk et Nelson Mandela libre viennent ensemble présenter pour la première fois à l’étranger leur projet commun pour l’Afrique du Sud. Toujours plus invraisemblable, c’est à Davos qu’en 1994, après l’Accord d’Oslo, que Shimon Peres et Yasser Arafat viennent négocier et signer son application à Gaza et Jéricho.
Le contact entre le Forum et Washington passe notoirement par Susan K. Reardon, l’ancienne directrice de l’association professionnelle des employés du département d’Etat devenue directrice de la Fondation de la Chambre de Commerce des Etats-Unis, qui gère le CIPE.
L’autre réussite du Centre pour l’entreprise privée internationale, c’est Transparency International. Cette « ONG » a officiellement été créée par un officier de renseignement militaire US, Michael J. Hershman, qui est par ailleurs administrateur du CIPE et aujourd’hui un des responsables du recrutement des informateurs du FBI aussi bien que le Pdg de l’agence de renseignement privée Fairfax Group.
Transparency International est avant tout une couverture pour les activités d’intelligence économique de la CIA. C’est aussi un outil de communication pour contraindre des Etats à modifier leurs législations dans le sens de l’ouverture de leurs marchés.
Pour masquer l’origine de Transparency International, le CIPE a fait appel au savoir-faire de l’ancien directeur de presse de la Banque mondiale, le néo-conservateur Frank Vogl. Ce dernier a mis en place un Comité de personnalités qui a contribué à donner l’impression d’une association issue de la société civile. Ce comité de façade est animé par Peter Eigen, ancien directeur de la Banque mondiale en Afrique de l’Est, dont l’épouse était en 2004 et 2009 la candidate du SPD à la présidence de la République fédérale allemande.
Le travail de Transparency International sert les intérêts US et n’est aucunement fiable. Ainsi, en 2008, la pseudo ONG dénonçait la corruption de PDVSA, la société publique des pétroles du Venezuela, et, sur la base d’informations falsifiées, la plaçait en dernière position dans son classement mondial des entreprises publiques. Le but était évidemment de saboter la réputation d’une entreprise qui constitue le socle économique de la politique anti-impérialiste du président Hugo Chavez. Prise en flagrant délit d’intoxication, Transparency International refusa de répondre aux questions de la presse latino-américaine et de corriger son rapport. Rien d’étonnant au demeurant lorsqu’on se souvient que le correspondant du CIPE au Venezuela, Pedro Carmona, avait brièvement été installé au pouvoir par les USA, lors du coup d’Etat manqué de 2002 contre Hugo Chavez.
D’une certaine manière, en focalisant l’attention des médias sur la corruption économique, Transparency International masque l’activité de la NED : la corruption politique des élites dirigeantes au profit des Anglo-Saxons.

 

L’Institut républicain international (IRI) et l’Institut national démocratique pour les affaires internationales (NDI)

L’Institut républicain international (IRI) a pour vocation de corrompre les partis de droite, tandis que l’Institut national démocratique pour les affaires internationales (NDI) traite les partis de gauche. Le premier est présidé par John McCain, le second par Madeleine Albright. Ces deux personnalités ne doivent donc pas être perçues comme des politiciens ordinaires, un leader d’opposition et une sage retraitée, mais comme des responsables actifs de programmes du Conseil de sécurité nationale.

 Pour encadrer les principaux partis politiques dans le monde, l’IRI et le NDI ont renoncé à contrôler l’Internationale libérale et l’Internationale socialiste. Ils ont donc créé des organisations rivales, l’Union démocratique internationale (IDU) et l’Alliance des démocrates (AD). La première est présidée par l’Australien John Howard. Le Russe Leonid Gozman de Juste cause (Ïðàâîå äåëî) en est vice-président. La seconde est dirigée par l’Italien Gianni Vernetti et co-présidée par le Français François Bayrou.
L’IRI et le NDI s’appuient aussi sur les fondations politiques liées aux grands partis européens (six en Allemagne, deux en France, une aux Pays-Bas et une autre encore en Suède). En outre, certaines opérations ont été sous-traitées à de mystérieuses sociétés privées, comme Democracy International Inc. qui a organisé les dernières élections truquées en Afghanistan.

 

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Ancien adjoint de Rahm Emanuel et actuel responsable du NDI, Tom McMahon est venu en France organiser les primaires du Parti socialiste.
Tout cela laisse un goût amer. Les Etats-Unis ont corrompu la plupart des grands partis politiques et syndicats dans le monde. En définitive, la « démocratie » qu’ils promeuvent consiste à discuter de questions locales dans chaque pays –voire de questions sociétales comme les droits des femmes ou des gays– et à s’aligner sur Washington pour toutes les questions internationales. Les campagnes électorales sont devenues des spectacles dont la NED choisit le casting en fournissant à certains et pas à d’autres les moyens financiers dont ils ont besoin. Même la notion d’alternance a perdu son sens, puisque la NED promeut alternativement un camp ou un autre pourvu qu’il poursuive la même politique étrangère et de défense.
On se lamente aujourd’hui dans l’Union européenne et ailleurs sur la crise de la démocratie. Celle-ci a pour responsables évidents la NED et les Etats-Unis. Et comment qualifier un régime, comme celui des Etats-Unis, où le principal leader de l’opposition, John McCain, est en réalité un employé du Conseil de sécurité nationale ? Certainement pas comme une démocratie.

Le bilan d’un système

L’USAID, la NED, leurs instituts satellites et leurs fondations intermédiaires ont donné naissance au fil du temps à une vaste et gourmande bureaucratie. Chaque année le vote du budget de la NED par le Congrès donne lieu à de vifs débats sur l’inefficacité de ce système tentaculaire et les rumeurs de détournements de fonds au profit de personnalités politiques états-uniennes chargées de l’administrer.
Dans un souci de bonne gestion, de nombreuses études ont été commandées pour mesurer l’impact de ces flux financiers. Des experts ont comparé les sommes allouées dans chaque Etat et la notation démocratique de ces Etats par la Freedom House. Puis, ils ont calculé combien il fallait dépenser de dollars par habitant pour améliorer d’un point la note démocratique d’un Etat.

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Tomicah Tillemann, conseiller d’Hillary Clinton pour la société civile et les démocraties émergentes, supervise le dispositif de la NED au départment d’Etat.
 
Bien sûr tout ceci n’est qu’une tentative d’auto-justification. L’idée d’établir une notation démocratique n’a rien de scientifique. De manière totalitaire, elle suppose qu’il n’existe qu’une forme d’institutions démocratiques. Et de manière infantile, elle établit une liste de critères disparates qu’elle pondère de coefficients imaginaires pour transformer la complexité sociale en un chiffre unique.
Au demeurant, la grande majorité de ces études concluent à l’échec : bien que le nombre de démocraties s’accroisse dans le monde, il n’y aurait aucun lien entre les progrès ou les régressions démocratiques d’une part, et les sommes dépensées par le Conseil de sécurité nationale. A contrario, cela confirme que les objectifs réels n’ont aucun rapport avec ceux qui sont affichés. Les responsables de l’USAID citent cependant une étude de l’université Vanderbilt selon laquelle, seules les opérations de la NED co-financées par l’USAID ont été efficaces, parce que l’USAID a une gestion rigoureuse de son budget. Sans surprise, cette étude singulière a été financée par… l’USAID.
Quoi qu’il en soit, en 2003, à l’occasion de son vingtième anniversaire, la NED dressa un bilan politique de son action d’où il ressort qu’elle finançait alors plus de 6 000 organisations politiques et sociales dans le monde, un chiffre qui n’a cessé de croître depuis. Elle revendiquait avoir entièrement créé le syndicat Solidarnoc en Pologne, la Charte des 77 en Tchécoslovaquie et Otpor en Serbie. Elle se félicitait d’avoir créé de toutes pièces la radio B92 ou le quotidien Oslobodjenje en ex-Yougoslavie et une kyrielle de nouveaux médias indépendants en Irak « libéré ».

Changer de couverture

Après avoir connu un succès mondial, la rhétorique de la démocratisation ne convainc plus. En l’utilisant en toutes circonstances, le président George W. Bush l’a usée. Personne ne peut sérieusement soutenir que les subventions versées par la NED feront disparaître le terrorisme international. Pas plus qu’on ne peut prétendre a posteriori que les troupes US auraient renversé Saddam Hussein pour offrir la démocratie aux Irakiens.
De plus, les citoyens qui partout dans le monde militent pour la démocratie sont devenus méfiants. Ils ont compris que l’aide offerte par la NED et ses pseudopodes visait en réalité à les manipuler et à piéger leur pays. Ils refusent donc de plus en plus souvent les dons « désintéressés » qui leur sont proposés. Aussi les responsables états-uniens des différents canaux de corruption ont envisagé de faire muer le système une nouvelle fois. Après les coups fourrés de la CIA et la transparence de la NED, ils envisagent de créer une nouvelle structure qui prendrait le relais d’un ensemble discrédité. Elle ne serait plus gérée par les syndicats, le patronat et les deux grands partis, mais par des multinationales sur le modelée de l’Asia Foundation.
Dans les années 80, la presse révéla que cette organisation était une couverture de la CIA pour lutter contre le communisme en Asie. Elle fut alors réformée et sa gestion fut confiée à des multinationales (Boeing, Chevron, Coca-Cola, Levis Strauss etc…). Ce relookage fut suffisant pour donner une apparence non-gouvernementale et respectable à une structure qui n’a jamais cessé de servir la CIA. Après la dissolution de l’URSS, elle fut doublée d’une autre, l’Eurasia Foundation, chargée d’étendre l’action secrète dans les nouveaux Etats asiatiques.
Une autre question discutée est de savoir si les dons pour la « promotion de la démocratie » doivent prendre uniquement la forme de contrats pour réaliser des projets donnés ou celle de subventions sans obligation de résultat. La première formule offre une meilleure couverture juridique, mais la seconde est bien plus efficace pour corrompre.
Au vu de ce panorama, l’exigence de Vladimir Poutine et de Vladislav Surkov de réglementer le financement des ONG en Russie est légitime, même si la bureaucratie qu’ils ont élaborée pour cela est outrancière et tatillonne. Le dispositif de la NED, mis en place sous l’autorité du Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis, non seulement ne favorise pas les efforts démocratiques dans le monde, mais les empoisonnent.

L’auteur : Thierry Meyssan

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan, journaliste français, est président-fondateur du Réseau Voltaire, une association internationale qui fédère des agences de presse et des médias non-alignés en Europe, en Amérique latine et dans le monde arabe. Il édite un site Internet d’information en huit langues. Il préside également la conférence anti-impérialiste Axis for Peace. Ses ouvrages sur les attentats du 11 Septembre 2001, traduits en 26 langues, ont inspiré la politique de nombreux États et ont bouleversé les relations internationales. Ils viennent d’être réédités en un seul ouvrage, réactualisé et annoté, et maintenant disponible à la librairie du Réseau Voltaire.

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